Ils sont vent debout contre la petite étiquette Nutri-Score. Eux, ce sont les producteurs de maroilles, rapporte France Bleu Nord, qui à l'image de ceux de roquefort ne comprennent pas pourquoi ils devraient être concernés. Instauré en 2017 en France afin d'offrir aux consommateurs des informations de base sur la déclaration nutritionnelle ou la liste des ingrédients, et aussi pour leur faciliter la compréhension de ces informations, le Nutri-Score est aujourd'hui sous le feu des critiques dans certaines secteurs. Car en 2022, de nombreux produits même emballés et AOP pourraient être concernés, dont le maroilles.

Le système du Nutri-Score classe les produits en cinq catégories et couleurs, de A (pour les meilleurs) à E (pour les moins bons). Comme le précise Santé publique France, le logo est attribué sur la base d'un score qui prend en compte pour 100 g ou 100 ml "la teneur en nutriments et aliments à favoriser" et "la teneur en nutriments à limiter". Or, évidemment, avec 45 % de matières grasses, le maroilles, symbole de toute une région, serait classé en D.


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Pas de publicité pour les produits classés en D et E

Sur France Bleu, le producteur David Durenes fustige une "hérésie" alors que lui et ses collègues s'attachent à respecter un cahier des charges très strict et produisent des fromages "de haute qualité". Le président du syndicat des producteurs, lui-même fabricant de maroilles", parle "d'hypocrisie de ce système de notation" qui ne prend pas en compte par exemple les "additifs et autres édulcorants". S'il sait que les fans de maroilles ne seront pas rebutés outre-mesure, en revanche, il est inquiet pour le futur.

"Les futures générations, qui vont faire de plus en plus attention, à force, je pense que ce ne sera pas bénéfique pour nous", lance David Duresnes. Il redoute que les consommateurs, confrontés à un Nutri-Score D, ne prennent pas le produit en rayon. Les producteurs rappellent qu'en plus du petit logo, tous les produits classés en D ou E n'auront pas le droit de faire de publicité. Un combat qui est mené aussi par les producteurs de roquefort. En octobre dernier, l'appellation dénonçait une "approche punitive" et réclame une exemption pour le célèbre fromage de brebis de l'Aveyron, au nom de la tradition et du respect d'un patrimoine gastronomique. Une exemption aussi demandée pour le maroilles.