L'Europe vue en forte baisse, le pétrole à plus de 100 dollars (actualisé)
L'Europe vue en forte baisse, le pétrole à plus de 100 dollars (actualisé)
- Les prix du baril dépassent les 100 dollars
- Le CAC 40 attendu en baisse de 2,3%, le Stoxx 600 de 1,99%
- Dollar et obligations bénéficient de l'aversion au risque
- Le Nikkei a perdu plus de 5%
par Diana Mandia
Les principales Bourses européennes sont attendues en nette baisse lundi à l'ouverture, la course folle des prix du pétrole effrayant encore davantage les investisseurs préoccupés par les répercussions inflationnistes de la guerre au Moyen-Orient.
Les contrats à terme signalent une baisse de 2,3% pour le CAC 40 parisien PX1, de 2,03% pour le Dax à Francfort
DAX, de 0,92% pour le FTSE à Londres CURRENCYCOM:UK100 et de 1,99% pour le Stoxx 600
SXXP.
Les prix du pétrole se sont envolés lundi sur le marché asiatique, dépassant la barre des 100 dollars le baril et atteignant leur plus haut niveau depuis mi-2022, une série de grands producteurs, dont l'Irak et le Koweït, réduisant leurs approvisionnements alors que les perturbations du transport maritime dans le détroit d'Ormuz se poursuivent dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.
Le Brent BRN1! grimpe de 15,43% à 106,99 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI)
CL1! 12,67% à 102,42 dollars.
Déjà forte la semaine dernière après le début de l'opération israélo-américaine contre l'Iran et l'expansion du conflit aux pays du Golfe et au Liban, la hausse du brut inquiète fortement les opérateurs car elle pourrait entraîner une résurgence de l'inflation et conduire les banques centrales à modifier leurs plans de politique monétaire afin de freiner les prix, en plus du risque qu'elle fait peser sur l'activité économique.
La nomination de Mojtaba Khamenei pour succéder à son père l'ayatollah Ali Khamenei à la tête de l'Iran a également contribué à la hausse des prix, la décision de Téhéran risquant de provoquer la colère du président américain Donald Trump, qui avait précédemment réitéré son souhait de participer au processus de sélection du nouveau dirigeant iranien.
"Face au pire choc pétrolier depuis les années 1970, tous les regards seront tournés vers la réponse de Washington", a déclaré Helima Croft, responsable de la stratégie mondiale des matières premières chez RBC Capital Markets, qui ajoute qu'il est difficile de prédire si le conflit durera plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Selon une source du gouvernement français, les ministres des Finances du G7 discuteront lundi d'une libération conjointe des réserves stratégiques de pétrole.
La hausse des cours éloigne les investisseurs du risque, alimentant la reprise du dollar comme valeur refuge, et a pénalisé fortement lundi les Bourses asiatiques, des économies comme le Japon ou la Corée du Sud étant de grands importateurs d'énergie.
Les craintes renouvelées concernant les prix interviennent au cours d'une semaine clé pour les données sur l'inflation, notamment aux États-Unis, où les investisseurs attendent la publication de plusieurs indicateurs clés qui pourraient toutefois rapidement devenir obsolètes compte tenu de la situation volatile au Moyen-Orient.
LES VALEURS A SUIVRE : L8N3ZU22V
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en baisse vendredi à la suite d'un rapport décevant sur le marché du travail aux Etats-Unis et dans le sillage du bond des prix du pétrole en raison de l'escalade du conflit au Moyen-Orient.
L'indice Dow Jones DJI a cédé 0,95%, le S&P-500
SPX, plus large, a perdu 1,33% et le Nasdaq Composite
IXIC a reculé de son côté de 1,59%.
Un rapport du département américain du Travail publié vendredi a montré que l'économie a détruit de manière inattendue des emplois en février, alimentant les préoccupations sur un possible ralentissement économique alors même que les tensions géopolitiques favorisent une nette hausse des prix de l'énergie.
EN ASIE
L'indice Nikkei NI225 à Tokyo a plongé de 5,2% lundi, la flambée des prix du pétrole attisant les craintes d'inflation et de ralentissement économique.
Le Kospi KOSPI de la Bourse de Séoul a connu une nouvelle séance difficile (-5,96%), après avoir déjà perdu plus de 10% la semaine dernière.
Le président sud-coréen, Lee Jae Myung, a annoncé que Séoul limiterait les prix du carburant pour la première fois en près de 30 ans et a mis en garde contre les achats de panique. La Corée du Sud achète 70% de son pétrole au Moyen-Orient.
En Chine, les actions ont également souffert lundi, l'escalade de la guerre au Moyen-Orient freinant l'appétit pour le risque.
L'indice composite de la Bourse de Shanghai 000001 a reculé de 0,67% et le CSI 300 3399300 des grandes capitalisations a abandonné 0,97%.
La Bourse de Hong Kong HSI perd 1,89%.
Sur le front des indicateurs, la hausse des prix à la consommation en Chine a accéléré en février, selon les données officielles publiées lundi, tandis que la déflation des prix à la production s'est légèrement atténuée.
TAUX / CHANGES
Le marché obligataire américain réagit à nouveau aux craintes inflationnistes.
Le rendement des Treasuries à dix ans US10Y grimpe de 4,9 points de base à 4,1809%. Le deux ans (US2YT=RR) gagne 5,6 points de base à 3,6125%.
En Europe, le rendement de l'obligation allemande à deux ans (DE10YT=RR), la plus sensible aux anticipations sur les taux, grimpe de 14,8 points de base à 2,4559% à l'ouverture du marché obligataire.
Le rendement du Bund allemand à dix ans (DE10YT=RR) avance près de 6 points de base à 2,9220%.
Le dollar gagne 0,46% face à un panier de devises de référence DXY, profitant de son statut de valeur refuge.
L'euro est en revanche sous pression et perd 0, 67% à 1,1539 dollar EURUSD.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 9 MARS :
PAYS | EZ |
GMT | 09h30 |
INDICATEUR | Indice Sentix |
PÉRIODE | mars |
CONSENSUS | -3,5 |
PRÉCÉDENT | 4,2 |
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