SARKOZY

 

Reuters

Le "clan Sarkozy" uni derrière Louis, distancé par le RN pour la mairie de Menton

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Points clés:
  • La députée RN largement favorite selon un sondage
  • Père, mère et épouse de Louis Sarkozy font campagne
  • Élevé aux Etats-Unis, "droitard" assumé, fan de Napoléon

par Elizabeth Pineau

Il a le regard clair, le verbe facile et un léger mouvement d'épaule hérité de son père ancien président de la République : candidat aux élections municipales, Louis Sarkozy entre en politique à 28 ans - dont une quinzaine passés aux Etats-Unis - sur une Côte d'Azur convoitée par le Rassemblement national.

Installé depuis plus d'un an à Menton (Alpes-Maritimes), lovée entre mer et montagne à deux pas de l'Italie, l'essayiste franco-américain se lance face à cinq candidats, dont la députée RN Alexandra Masson qui porte l'espoir de contribuer au rayonnement du parti de Jordan Bardella - attendu dans la ville début mars - à un an de l'élection présidentielle.

Un sondage Elabe/Berger-Levrault pour Nice Matin et BFMTV publié mercredi dernier donne un large avantage à la candidate d'extrême droite, créditée de 31% des intentions de vote contre 15 à 17% pour les quatre suivants dont Louis Sarkozy (16%).

"Menton c'est une ville de 30.000 habitants avec deux frontières, 120 millions de budget. Les gens ne votent pas pour vous parce que vous vous appelez Sarkozy, mais pour votre projet. Rien n'est fait, tout est dur, on n'est pas favoris", a dit à Reuters le jeune homme aux bras tatoués à la terrasse d'un café bordant une allée décorée pour la Fête du Citron.

Une femme sourit à la vue du candidat qu'elle qualifie de "Mentonnais d'adoption". Deux clients âgés persiflent sur ce "parachuté". "Il ne connaît rien de Menton", affirme l'un. "Qu'il retourne d'où il vient", ajoute son voisin.

Début février, la permanence de campagne située place de la mairie a été taguée des mots "Fils de prisonnier", référence explicite à Nicolas Sarkozy - condamné dans l'affaire du financement libyen de sa campagne - venu en décembre soutenir son fils et promouvoir son livre écrit en détention.

A trois semaines du premier tour le 15 mars, l'héritier de celui qui dirigea la France de 2007 à 2012 sillonne à moto la commune dont il aimerait faire son fief, comme jadis Neuilly (Hauts-de-Seine) pour Nicolas Sarkozy.

Sa liste "Renouveau mentonnais", largement composée de personnes n'ayant jamais été élues, mise sur l'ambition et l'énergie. Le programme inclut une baisse de la taxe foncière et le réaménagement d'un quartier incluant espaces sportifs, maison des associations et théâtre de verdure.

"HOMME POLITIQUE DE DEMAIN"

Ce mardi après-midi, Louis Sarkozy visite un Ehpad sur les hauteurs de la ville avec son épouse et sa mère Cécilia Attias, tout juste arrivée de New York.

"C'est intense, on ne dort pas beaucoup, on verra où ça va nous emmener, peut-être une belle surprise à la fin", confie Natali Sarkozy, mère de leur fils de quatre mois, Sylla.

A ses côtés, l'éphémère première dame de France, qui eut un rôle clef dans l'accession de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, parle d'expérience quand elle qualifie son fils de "formidable homme politique de demain".

"Il donne de lui-même, c'est un vrai investissement", dit-elle. "Il a les qualités humaines, alors que le monde va si mal. Voir des gens si droits, si bien, c'est formidable donc je ne peux que l'accompagner".

En allant vivre à New York après son divorce, Cécilia Attias a emmené avec elle son fils de dix ans.

Féru d'histoire, de politique et de littérature, fan de Napoléon sur qui il a écrit un essai, Louis Sarkozy a étudié dans une école militaire de Pennsylvanie, travaillé dans une banque à Bogotà, écrit des éditoriaux pour la presse française et américaine, été invité à l'investiture de Donald Trump.

"Je suis libéral depuis que je suis né, culturellement conservateur", résume celui qui peut à la fois louer la santé de l'économie américaine et prôner la légalisation des drogues.

"Sur le régalien je suis un 'droitard' assumé, notamment sur l'immigration, la sécurité, la propreté", ajoute-t-il, affirmant n'appartenir "à aucune famille politique, aucun clan, aucune tribu", si ce n'est sa famille de sang.

"Idéologiquement je suis proche des LR (Les Républicains). Parce que c'est le parti familial, celui qui me ressemble le plus", dit-il. "Sarkozy, c'est mon nom, c'est ma famille, ce n'est pas une étiquette, c'est ce que je suis."

"LE 'MACRON BLOC', REJETÉ DE TOUTES PARTS"

Son profil est-il trop à droite pour Renaissance, qui lui a néanmoins apporté son soutien à Menton, comme LR et Horizons ?

"Je n'ai pas de leçon à recevoir du Front républicain", dit l'intéressé. "Si quelqu'un d'autre à Paris veut venir faire campagne contre une députée qui a fait 57% au premier tour des législatives... Je ne suis pas là pour faire alliance avec le RN, on est là pour les battre et c'est tout."

Face à lui, Alexandra Masson mise sur "la solidité" de son projet et "le sérieux" de son travail de députée pour contrer un adversaire qui "manque d'ancrage local" et représente le "'Macron bloc' rejeté de toutes parts."

"Au deuxième tour, tout le monde va s'unir contre moi mais je fais confiance à l'électorat, au bon sens populaire", dit l'avocate de 54 ans - qui a commencé en politique à l'UMP -, dans son bureau proche des halles.

Outre Menton, le RN espère prendre racine dans le Sud en remportant des villes comme Toulon et Carcassonne, voire Marseille, tout en conservant Perpignan.

Promenade du Soleil à Menton, Louis Sarkozy distribue son programme aux commerçants. "Un peu de littérature. C'est pas du Maupassant mais ça se lit bien." S'il perd le 22 mars, ses projets de vie restent locaux. "Je veux bien être parachuté. Mais une fois qu'on a atterri, on ne peut pas redécoller".

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